Le terrain

Carte de l'utilisation de pesticides en France (Le Monde sept 2019)
Carte de France des grandes zones agricoles
(selon "Le Monde" sept 2019)

A la fois élément clé et sujet motivant dans un projet d'habitat participatif , c'est aussi une source de discussions longues et parfois clivantes. Le choix d'un terrain où installer un projet d'habitat participatif est particulièrement délicat.

Pour faciliter notre approche, nous avons tout d'abord choisi de travailler en amont sur les critères de choix du terrain et la zone géographique qui nous intéresserait. Nous avons aussi décidé de ne pas nous lancer de suite dans l'acquisition d'un terrain mais de privilégier d'abord l'élaboration de notre projet de vie, la consolidation de notre collectif et l'éclaircissement préalable des aspects  financiers et juridiques, importants selon nous.

 

Nos critères de choix d'un terrain

Dans nos ateliers, nous avons fini par établir une grille de critères essentiels à nos yeux, marqueurs d'un "terrain idéal". Tout en sachant que l'idéal est difficie à atteindre (nous restons optimistes :-) ) , nous sélectionerons notre terrain suviant ces critères avec cet ordre d'importance.

Ces critères sont faits pour arrêter le choix dun terrain le plus objectivement possible. Cela signifie que si le terrain ne répond pas à ces critères il n'est probablement pas élligible. Bien sûr, il y a certains de ces critères qui peuvent être interprétables (champs "proches", ensoleillement "suffisant", est-ce qu'une toiture en fibro-ciment est considéré comme polluant, est-ce qu'une départemerntale à proximité constitue une nuisante sonore  "polluante,  etc....), mais il s'agit quand même de faire les choses de façon éclairée et raisonnable, sans être ni dans le dénit d'un élément négatif flagrant, ni dans l'extremisme d'une recherche de pureté absolue du site.

Par ailleurs, un critère qui ne serait pas dans cette liste et qui ne serait pas respecté pour un terrain ne peut suffire à rejeter le terrain. Il s'agira alors d'un choix personnel et souverain d'accepter ou pas le terrain, de faire la part des choses. La recherhce d'un terrain nous prend du temps, et si nous sommes trop pointilleux, nous n'y arriverons pas. Pas question de laisser de côté un terrain qui répondrait à tous nos critères ci-dessus, et de choisir de ne pas l'acquérir en pensant avoir mieux plus tard.

En tout cas ces critères listés là sont les plus importants pour nous.

 

 

1. Environnement sain

- la présence d'eau qu'on pourrait rendre potable sur le terrain (source/puits)

- une qualité du terrain qui assure une bonne biodiversité (végétales, animales)

- un ensoleillement suffisant

- une pluviométrie suffisante

2. Surface

- une surface totale de 8ha minimum dont une partie constructible comprise entre 5000m2 et 1ha (la limite basse limitera le nombre de foyers)

Le reste en terra agricole, bois et prairies, d'un seul tenant

Nous réserverons une petite partie de cette surface  pour nos activités économiques

3. Coût

- Coût maximal compris entre 160 000 € et  220 000 € Frais inclus, avec si possible un bâti existant à rénover mais habitable, éventuellemnt d'autres bâtis mais sans qu'ils soient nécessaires d'avoir à les rénover pour habiter (ne pas avoir trop de bâtiments à rénover, car trop de contraintes d'agencement général)

 

4. Environnement social et économique

- un climat social/ voisinage proche favorable

- une réglementation locale  favorable

- l'existence d'un bassin d'emploi local

- une attractivité touristique

5. Typologie du terrain

- une bonne qualité des sols (meuble, non pollué..)

- une orientation du terrain de sud-est à sud/ouest et un dénivelé terrain favorable à l'écoulement des eaux et à la création de baissières

- une accessibilité aisée au terrain (pas de petit chemin caillouteux de plusieurs centaines de mêtres pour pouvoir arriver au terrain).

- la  roche mère suffisamment en profondeur (pour disposer d'une terre arable)

Nous ne voulons pas :

- les sites "pollués" ( eau, terre, air, nuisance sonore, antenne 1-2-3-4-5-.-.-.G !!)
- la présence de champs proches en intensif non bio

- un voisinage trop invasif (par exemple les enclaves dans le terrain, des vosinages trop proches)

- un terrain avec un passif négatif

Si on peut éviter :

- la présence d'un Bâtiment de France à proximité

- le tout à l’égout si nous ne sommes pas obligés de nous y raccorder

- le droit d'usage/ de passage

- les zones inondables (possible éventuellement en bordure et contrebas de terrain et éloignés des zones habitables , d'élevage et de culture)

 

Nous chercherons un lieu dans un paysage agréable, un terrain pourvu d'espaces verts et de zones d'ombres, de bois et de pâtures, nous offrant la possibilité de poser des ruches à proximité. Nous aimerions aussi qu'il soit propice à l'installation d'une éolienne.

Nous sommes particulièrement sensibles à un tissu local accueillant, attractif, dynamique socialement et économiquement, proches de services publics de base.

 

CarteUtilisationPesticideLeMonde.jpg
Intensité du recours à des pesticides cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques à effet
sur l'allaitement, et toxiques ou très toxiques, en nombre moyen de traitement à
l'hectare de surface agricole utile en 2017  (selon "Le Monde" sept 2019)

Notre zone géographique

La zone géographique est sélectionnée en partie en fonction de ces critères (notamment les critères climatologiques, d'ensoleillement, de température, de pluviométrie, de pollution potentielle) mais aussi en fonction de critères personnels aux membres du collectif engagés dans le projet (contraintes professionnelles, familiales, attirances...). Nous avons délimité une zone de recherche par départements.
Ce travail nous a amené à conserver quelques départements où nous ciblerons nos recherches :Présentation-Carte-zone-geographique-option2.png

  • Le Lot,
  • L'Aveyron
  • Le Cantal

Et voici les départements pour lesquels nous avons un intérêt moindre, plus mitigé et variable selon la localisation dans le département. Nous les conservons cependant en deuxième choix :

  • l'Ardèche
  • la Corrèze
  • la Lozère
  • le Puy de Dôme
  • le Gers
  • le Tarn
  • la Haute Loire
  • la Haute Vienne
  • la creuse

 

Les autres départements n'ont pas été retenus dans notre zone de recheche.
 

Cette zone n'est pas destinée à être revue avec l'arrivée de nouveaux participants, car nous considérons qu'elle est suffisamment large pour que nous puissions trouver notre site et c'est aussi un sujet qui demande du temps pour trouver une convergence entre tous les membres.

Pour autant, nous avons convenu que ces départements ne constituent qu'une zone de recherche. Cela ne signifie pas que dès que nous y trouverons un terrain, nous signerons. Chaque choix que nous ferons sera traité au cas par cas en fonction des critères de choix d'un terrain que nous avons collectivement établis et après l'avoir visité plusieurs fois. S'il y fait trop chaud, s'il n'y a pas assez de pluviométrie, s'il n'y a pas de point d'eau, s'il existe une source polluante trop proche... nous rejetterons probablement le terrain. Car il est des éléments (dont ceux qui viennent d'être cités) qui nous semblent non négociables et d'autres sur lesquels nous pouvons être plus mesurés.

​A méditer sur la recherche d'un terrain

Vous connaissez la fable de La Fontaine "Le Héron" ???....

 

Un jour, sur ses longs pieds, allait, je ne sais où,
Le Héron au long bec emmanché d’un long cou :
Il côtoyait une rivière.
L’onde était transparente ainsi qu’aux plus beaux jours ;
Ma commère la Carpe y faisait mille tours
Avec le Brochet son compère.
Le Héron en eût fait aisément son profit :
Tous approchaient du bord ; l’oiseau n’avait qu’à prendre.
Mais il crut mieux faire d’attendre
Qu’il eût un peu plus d’appétit :
Il vivait de régime, et mangeait à ses heures.
Après quelques moments l’appétit vint : l’oiseau,
S’approchant du bord, vit sur l’eau
Des tanches qui sortaient du fond de ces demeures.
Le mets ne lui plut pas ; il s’attendait à mieux,
Et montrait un goût dédaigneux,
Comme le rat du bon Horace.
« Moi, des tanches ! dit-il ; moi, Héron, que je fasse
Une si pauvre chère ! et pour qui me prend-on ? »
La tanche rebutée, il trouva du goujon.
« Du goujon ! c’est bien là le dîner d’un Héron !
J’ouvrirais pour si peu le bec ! aux Dieux ne plaise ! »
Il l’ouvrit pour bien moins : tout alla de façon
Qu’il ne vit plus aucun poisson.
La faim le prit : il fut tout heureux et tout aise
De rencontrer un limaçon.
Ne soyons pas si difficiles :
Les plus accommodants, ce sont les plus habiles ;
On hasarde de perdre en voulant trop gagner.
Gardez-vous de rien dédaigner ;
Surtout quand vous avez à peu près votre compte.
Bien des gens y sont pris. Ce n’est pas aux hérons
Que je parle : écoutez, humains, un autre conte ;
Vous verrez que chez vous j’ai puisé ces leçons.

Jean de La Fontaine